Vasopressine
Vasopresseur de sauvetage en réanimation, utilisé en dose fixe en association avec la noradrénaline dans le choc septique réfractaire. Contrairement à la noradrénaline, on ne la titre pas : dose fixe 0,03 U/min. Voie centrale obligatoire. Surveiller les ischémies périphériques et la natriémie.
💊 À quoi ça sert ?
Choc septique réfractaire (usage principal en réa) :
- Patient sous noradrénaline à doses élevées (> 0,25-0,5 µg/kg/min) sans atteinte de la PAM cible ≥ 65 mmHg
- Ajout de vasopressine en dose fixe 0,03 U/min → permet de réduire les doses de noradrénaline (effet épargne catécholamines)
- Mécanisme différent de la noradrénaline → synergie, pas de tachyphylaxie croisée
Arrêt cardiaque :
- Utilisée dans certains protocoles comme alternative ou association à l'adrénaline (pratique variable selon les équipes et pays)
Diabète insipide central :
- A des doses bien inférieures (usage endocrinologique, non détaillé ici)
🔬 Comment ça marche ? (simplifié)
La vasopressine est l'hormone antidiurétique (ADH) naturelle du corps. En situation de choc, les réserves sont épuisées → déficit relatif. L'administration exogène compense ce déficit.
Elle agit sur deux types de récepteurs :
- V1 (muscles lisses vasculaires) : vasoconstriction puissante → ↑ résistances → ↑ PAM
- V2 (tubule rénal) : rétention d'eau → risque d'hyponatrémie
💡 Différence clé avec la noradrénaline : la vasopressine n'a pas d'effet inotrope (ne stimule pas le cœur). Elle agit uniquement sur les vaisseaux. C'est pour ça qu'on ne la titre pas comme un inotrope → on l'utilise en dose fixe, en complément.
⚠️ Ce qu'il ne faut PAS faire
Comme tous les vasopresseurs puissants, la vasopressine provoque une nécrose tissulaire en cas d'extravasation en VVP. Vérifier la position et la perméabilité de la VVC avant démarrage.
La vasopressine s'utilise en dose fixe 0,03 U/min (max 0,04 U/min). Augmenter la dose au-delà de 0,04 U/min = risque ischémique majeur (mésentère, coronaires, membres). Si la PAM reste insuffisante, augmenter la noradrénaline, pas la vasopressine.
L'arrêt brutal peut provoquer une chute tensionnelle sévère. Diminution progressive sur décision médicale.
- ❌ Dépasser 0,04 U/min
- ❌ Voie périphérique
- ❌ Utilisation dans le choc cardiogénique (aggrave la post-charge)
🩺 Ce que je fais en tant qu'IDE
- ✅ Voie centrale confirmée avant tout démarrage (VVC + radio thoracique si disponible)
- ✅ Débit fixe : 0,03 U/min en IVSE : vérifier l'unité (U/min, pas µg/kg/min)
- ✅ Monitorage invasif continu : cathéter artériel (PAM continue), scope ECG
- ✅ Surveiller la perfusion périphérique : coloration des doigts, des orteils, du nez, des oreilles (nécrose ischémique)
- ✅ Surveiller les douleurs abdominales (ischémie mésentérique) : transit, ballonnements
- ✅ Contrôler la natriémie régulièrement (effet V2 → hyponatrémie)
- ✅ Surveiller la diurèse horaire (sonde urinaire)
- ✅ Ne jamais arrêter brutalement : décroissance progressive sur PM
- ✅ Préparer la seringue suivante avant la fin pour éviter toute interruption
📌 Les 3 choses à retenir absolument
- Dose fixe 0,03 U/min → ne pas titrer, ne pas dépasser 0,04 U/min
- Voie centrale obligatoire → nécrose en cas d'extravasation
- Surveiller les ischémies périphériques et la natriémie (effet V2)
🔗 Voir aussi
Noradrénaline · Adrénaline · Dobutamine