Rocuronium

En 2 mots

Curare sans fasciculations et avec un antidote parfait (suggamadex). Remplace la succinylcholine si celle-ci est contre-indiquée. À 1,2 mg/kg, action en 60 secondes comme la célocurine. En réanimation, utilisé pour le SDRA sévère (améliore la synchronie patient-ventilateur).


💊 À quoi ça sert ?

RSI sans succinylcholine : à la dose de 1,2 mg/kg, action en 60 sec identique à la succinylcholine. Intubation classique : 0,6 mg/kg, action en 90 sec. Curarisation en réa (SDRA sévère) : améliore la synchronie patient-ventilateur, réduit le travail respiratoire et l'effort inspiratoire → améliore l'oxygénation.


🔬 Comment ça marche ? (simplifié)

Le rocuronium "prend la place" de l'acétylcholine sur le récepteur musculaire sans l'activer → bloque la contraction sans fasciculations. Métabolisé par le foie. Antidote : suggamadex qui encapsule le rocuronium comme dans une cage moléculaire et le neutralise en 3 minutes.

💡 Différence avec succinylcholine : pas de fasciculations (plus confortable), durée modulable, antidote disponible → mais prix élevé du suggamadex.


⚠️ Ce qu'il ne faut PAS faire

Curarisation résiduelle

En réa, le rocuronium peut s'accumuler (surtout si insuffisance hépatique ou si entretien IVSE). Surveiller par TOF (Train of Four) si curarisation prolongée : objectif T4/T1 > 90 % avant d'estimer l'autonomie ventilatoire.

Myopathie de réanimation

L'association curare + corticoïdes à doses élevées pendant > 48-72 h augmente le risque de myopathie de réanimation (faiblesse musculaire prolongée, sevrage ventilatoire difficile). Limiter la durée de curarisation au strict minimum.

Suggamadex et allergie

Le suggamadex peut lui-même provoquer des réactions allergiques. Le savoir à l'avance.


🩺 Ce que je fais en tant qu'IDE


📌 Les 3 choses à retenir absolument

  1. Antidote = suggamadex 16 mg/kg → neutralisation en 3 min → clé pour toute intubation difficile ("Can't intubate, can't oxygenate" → décurariser immédiatement)
  2. TOF pour surveiller la curarisation → ne pas sur-curare (myopathie) ni sous-curare (dysynchronie)
  3. Durée minimale → association curares + corticoïdes > 48 h = myopathie de réanimation

🔗 Voir aussi

Succinylcholine (dépolarisant) · SDRA · Ventilation mécanique · Surveillance sédation-curarisation

Outil pédagogique : Toujours vérifier le protocole du service et le RCP