Ketamine

En 2 mots

Le seul anesthésique qui maintient la pression artérielle et les réflexes laryngés. Idéal en choc ou en situation précaire. Associer toujours une BZD (midazolam) pour éviter les hallucinations. À faible dose, excellent analgésique d'appoint qui réduit la consommation de morphiniques.


💊 À quoi ça sert ?

Induction en choc : le seul anesthésique qui maintient ou augmente la PA (propriété sympathomimétique) → indiqué quand tous les autres anesthésiques feraient chuter davantage la TA. Sédation procédurale : réduction de luxation, pansements brûlés, gestes douloureux aux urgences. Analgésie multimodale : à faible dose, épargne morphinique de 30-40 %. Bronchospasme réfractaire : bronchodilatation directe.


🔬 Comment ça marche ? (simplifié)

La kétamine bloque les récepteurs NMDA (récepteurs à l'excitation cérébrale) → "déconnecte" le cerveau de l'environnement sans abolir complètement les réflexes. Le patient peut avoir les yeux ouverts mais ne ressent rien et ne se souvient de rien. Effet sympathomimétique → libère de la noradrénaline endogène → maintient la TA.

💡 Analogie : les autres anesthésiques éteignent le cerveau. La kétamine le "met en pause" tout en maintenant les systèmes vitaux en marche.


⚠️ Ce qu'il ne faut PAS faire

Toujours associer une BZD

La kétamine seule provoque des hallucinations et cauchemars intenses à l'émergence (30 % des patients). Toujours associer du midazolam 0,05 mg/kg IV avant ou concomitamment. Ne jamais administrer seule en induction.

Hypersécrétion bronchique

La kétamine stimule les sécrétions → peut gêner l'intubation ou la ventilation. Certains protocoles associent de l'atropine (0,5 mg IV) systématiquement pour assécher les sécrétions.

HTIC relative

La kétamine peut augmenter le débit sanguin cérébral et la PIC chez un patient non sédaté. Si associée à une BZD et patient ventilé, cette contre-indication est relative et controversée (études récentes plus rassurantes).


🩺 Ce que je fais en tant qu'IDE


📌 Les 3 choses à retenir absolument

  1. Maintient la TA → le sédatif de choix en contexte de choc ou d'instabilité hémodynamique
  2. Toujours + midazolam → prévention des hallucinations à l'émergence
  3. Analgésie à faible dose (0,1-0,3 mg/kg) → épargne morphinique, sans effets indésirables de la sédation

🔗 Voir aussi

Propofol · Midazolam · Choc hypovolémique · Succinylcholine (curare)

Outil pédagogique : Toujours vérifier le protocole du service et le RCP