QCM Gériatrie
Syndromes gériatriques, démences, chutes, dénutrition, polypharmacie, soins palliatifs en EHPAD. Niveau S3-S5.
Q1. Le score MMSE est utilisé pour évaluer :
- A) Le risque de chute
- B) L'état nutritionnel
- C) Les fonctions cognitives
- D) Le risque d'escarre
C) Les fonctions cognitives. Le MMSE (Mini-Mental State Examination) évalue l'orientation, la mémoire, l'attention, le calcul, le langage. Score /30 : < 24 = troubles cognitifs, < 10 = démence sévère.
Q2. Le score de Braden évalue :
- A) Le niveau de douleur
- B) Le risque d'escarre
- C) Le niveau de dépendance
- D) Le risque de chute
B) Le risque d'escarre. Braden évalue 6 items (perception sensorielle, humidité, activité, mobilité, nutrition, friction). Score ≤ 18 = risque. Score ≤ 9 = risque très élevé.
Q3. L'hypothermie chez le sujet âgé est définie par une température centrale :
- A) < 37°C
- B) < 36°C
- C) < 35°C
- D) < 34°C
C) < 35°C. Le sujet âgé est particulièrement vulnérable à l'hypothermie (thermorégulation altérée, sarcopénie, médicaments vasodilateurs).
Q4. Quelle est la principale cause de chute chez la personne âgée ?
- A) Hypoglycémie
- B) Hypotension orthostatique
- C) Crise comitiale
- D) AVC
B) Hypotension orthostatique. Première cause modifiable de chute chez la PA. Facteurs favorisants : antihypertenseurs, diurétiques, déshydratation, lever trop rapide. Prévention : lever progressif, bas de contention, révision du traitement.
Q5. Le délire (syndrome confusionnel aigu) de la personne âgée se distingue de la démence par :
- A) Sa durée > 6 mois
- B) Son installation progressive
- C) Son installation brutale avec fluctuations
- D) L'absence de trouble de la conscience
C) Son installation brutale avec fluctuations. Le délire est aigu (heures-jours), fluctuant, avec trouble de la conscience et de l'attention (≠ démence = progressive, sans trouble initial de conscience). CAM (Confusion Assessment Method) : outil de dépistage.
Q6. L'outil MNA (Mini Nutritional Assessment) évalue :
- A) Le risque de chute
- B) L'état cognitif
- C) L'état nutritionnel
- D) Le risque d'escarres
C) L'état nutritionnel. MNA = outil validé en gériatrie. Score < 17 = dénutrition confirmée, 17-23,5 = à risque. Critères HAS dénutrition PA : perte de poids ≥ 5 % en 1 mois ou ≥ 10 % en 6 mois, IMC < 21, albuminémie < 35 g/L.
Q7. Le critère de Beers liste :
- A) Les médicaments à risque chez la personne âgée
- B) Les signes de maltraitance
- C) Les critères de soins palliatifs
- D) Les vaccins obligatoires pour les soignants
A) Les médicaments à risque chez la personne âgée. Les critères de Beers identifient les médicaments potentiellement inappropriés chez la PA (benzodiazépines, anticholinergiques, AINS, hypnotiques...). En France : liste STOPP/START.
Q8. La polypharmacie est définie par la prise simultanée de :
- A) ≥ 3 médicaments
- B) ≥ 5 médicaments
- C) ≥ 8 médicaments
- D) ≥ 10 médicaments
B) ≥ 5 médicaments de façon chronique. En France, 40 % des PA > 75 ans ont > 5 médicaments/j. La polypharmacie augmente le risque d'interactions, d'effets indésirables et de chutes.
Q9. Le signe de Kernig, évocateur de méningite, se recherche :
- A) À la flexion du cou
- B) À l'extension du genou, cuisse fléchie
- C) À la pression des globes oculaires
- D) Au test de Romberg
B) À l'extension du genou, cuisse fléchie. Signe de Kernig positif = douleur/résistance à l'extension du genou, jambe fléchie à 90°. Chez la PA, les signes méningés peuvent être absents (moins fiables).
Q10. Un patient âgé sous warfarine (Coumadine) arrive avec INR = 5,8. Il n'a pas de saignement actif. Quelle est la 1ère action IDE ?
- A) Administrer de la vitamine K1 sans attendre
- B) Prévenir le médecin
- C) Arrêter le traitement sans avis médical
- D) Surveiller les constantes toutes les heures
B) Prévenir le médecin. L'IDE ne doit pas administrer ni arrêter un médicament sans prescription. Le médecin évaluera : risque hémorragique (chutes, interventions prévues) vs thrombotique, et prescrira éventuellement vitamine K1 orale + contrôle INR à 24h.
Q11. La fragilité (Fried criteria) comprend 5 critères. Lequel ne fait PAS partie ?
- A) Perte de poids involontaire
- B) Fatigue / Épuisement
- C) Douleur chronique
- D) Faiblesse musculaire
C) Douleur chronique. Les 5 critères de Fried : perte de poids > 4,5 kg/an, épuisement, faiblesse musculaire, lenteur de marche, activité physique réduite. ≥ 3 critères = fragile.
Q12. La dysphagie chez un patient dément nécessite en première intention :
- A) La pose d'une SNG d'emblée
- B) Une évaluation de la déglutition par orthophoniste
- C) L'alimentation entérale parentérale
- D) L'arrêt de toute alimentation orale
B) Une évaluation de la déglutition par orthophoniste. La prise en charge est progressive : adapter la texture des aliments (textures modifiées), rééducation orthophonique, position 90° lors des repas. La SNG n'est posée qu'en dernier recours et en accord avec les directives anticipées.
Q13. En EHPAD, la contention physique :
- A) Est recommandée pour prévenir les chutes
- B) Ne peut être prescrite que par le médecin et réévaluée régulièrement
- C) Peut être décidée par l'IDE en cas d'urgence
- D) Est interdite par la loi
B) Prescription médicale obligatoire + réévaluation régulière. La contention physique est un soin contraint encadré par la loi. Elle ne réduit pas le risque de chute et comporte des risques propres (asphyxie, escarres, agitation). Alternatives à privilégier.
Q14. L'objectif glycémique chez un patient diabétique âgé fragile en EHPAD est :
C) HbA1c 7,5-8,5 %. Chez la PA fragile, l'objectif est moins strict pour éviter les hypoglycémies (plus dangereuses que l'hyperglycémie chez la PA). L'HAS recommande des objectifs adaptés selon le profil (vigoureux / fragile / en soins palliatifs).
Q15. Le syndrome de glissement chez la personne âgée se caractérise par :
- A) Une chute soudaine avec perte de conscience
- B) Un désintérêt progressif de tout, refus de s'alimenter, alitement
- C) Une confusion aiguë d'apparition brutale
- D) Une perte de poids rapide sur 1 semaine
B) Un désintérêt progressif de tout, refus de s'alimenter, alitement. Syndrome de glissement : retrait progressif de la vie, refus de tout soin, évolution vers le décès. Souvent déclenché par un deuil, une hospitalisation, une perte d'autonomie. Prise en charge : lien, psychologue, soins de confort.
Q16 à Q20. Questions de synthèse : Cas rapide
Un patient 87 ans, EHPAD, présente : T° 38,8°C · Confusion aiguë · Brûlures mictionnelles · Urines troubles
Q16. Quel diagnostic évoquer en premier ?
Infection urinaire (pyélonéphrite ou cystite avec retentissement chez PA fragile). Chez la PA, la fièvre + confusion = tableau classique d'infection urinaire. ECBU en urgence.
Q17. Quels examens biologiques demander ?
NFS (hyperleucocytose) · CRP · ECBU (bactériologie + antibiogramme) · Ionogramme (déshydratation fréquente) · Créatinine (fonction rénale avant ATB) · Hémocultures si T° > 39°C ou choc.
Q18. L'ECBU revient avec E.coli sensible à l'amoxicilline. Durée du traitement ?
Cystite non compliquée PA : 7 jours (durée plus longue que la femme jeune). Pyélonéphrite PA : 10-14 jours. Toujours adapter à l'antibiogramme.
Q19. Le patient agité tente d'arracher sa VVP. Quelle est la CAT ?
Réévaluation de la nécessité de la VVP (peut-on passer per os ?), réorientation du patient, environnement sécurisé, pas de contention sans prescription. Si agitation majeure → contacter le médecin pour traitement sédatif adapté.
Q20. Sa famille demande "Pourquoi il est confus, d'habitude il reconnaît tout le monde ?" Que leur répondez-vous ?
"La confusion que vous voyez est un syndrome confusionnel aigu, fréquent chez les personnes âgées quand elles ont une infection. Ce n'est pas une démence qui s'installe : avec le traitement de l'infection et quelques jours, il devrait retrouver ses capacités habituelles. C'est son état habituel qui est la référence, pas la confusion actuelle."
Voir aussi
Alzheimer & TNCM · Escarre · Chutes du sujet âgé · Dénutrition · Stage Gériatrie et EHPAD