Alzheimer & TNCM

En 2 mots

Des neurones qui s'éteignent un à un, sans retour possible → la mémoire, le langage, l'autonomie disparaissent dans l'ordre. Aucun médicament ne guérit, mais une prise en soin de qualité change tout pour le patient et ses proches. Ton rôle IDE est immense ici.

C'est quoi ?

Les TNCM (anciennement appelés "démences", terme qu'on évite aujourd'hui) désignent une perte de fonctions cognitives assez sévère pour bouleverser la vie quotidienne. Ce n'est pas juste "vieillir".

Les grandes causes à connaître :

Le piège classique : oublier où on a posé ses clés = vieillissement normal. Oublier à quoi servent ses clés = signal d'alarme. La frontière est là.

Épidémiologie

Comment ça se présente ?

Phase Durée estimée Ce qu'on observe
1 - Légère 1-3 ans Oublis récents (rendez-vous, noms), répétitions, anxiété, difficultés pro
2 - Modérée 3-5 ans Désorientation temps & espace, aphasie, apraxie, agnosie, dépendance partielle, SPCD
3 - Sévère Variable Perte totale du langage, incontinence, grabataire, infections à répétition

SPCD (Symptômes Psycho-Comportementaux) → ce qui épuise souvent les aidants :

Diagnostic

Tests de dépistage à connaître en tant qu'IDE

  • MMSE /30 : < 24 = suspect, < 10 = stade sévère
  • Test de l'horloge (évalue les praxies constructives, demander de dessiner une horloge à 10h10)
  • Test des 5 mots de Dubois (mémoire épisodique, encodage/rappel)
  • MoCA /30 (plus sensible et plus rapide que le MMSE pour les stades légers)

Examens complémentaires :

Traitements

Pas de traitement curatif

Les médicaments ralentissent un peu l'évolution, mais ne guérissent pas. Ne pas laisser les familles croire que le traitement "fera revenir" leur proche.

Médicaments symptomatiques :

Non médicamenteux → souvent plus efficaces que les médicaments sur la qualité de vie :

Ce qu'il ne faut PAS faire

CI absolues médicamenteuses

  • Neuroleptiques typiques formellement contre-indiqués (risque d'AVC, surmortalité, accélération du déclin cognitif)
  • Benzodiazépines à éviter autant que possible (chutes, confusion, aggravation cognitive)

Pièges comportementaux à éviter absolument

  • Ne JAMAIS confronter le patient à sa désorientation ("Non Monsieur, vous n'êtes pas chez vous") → ça génère de l'angoisse sans profit. Réorienter avec douceur, valider les émotions
  • Ne pas laisser seul un patient à risque de fugue sans dispositif de protection adapté
  • Sécuriser l'environnement : gaz, eau chaude, escaliers, médicaments hors de portée

Rôle IDE

Dispositifs de prise en charge

Structure À quoi ça sert
MAIA Coordination du parcours, lien entre domicile et structures
USLD / PASA Unité de Soins de Longue Durée / Pôle d'Activités de Soins Adaptés
Accueil de jour Répit pour les aidants, stimulation cognitive, lien social
HAD Soins complexes à domicile quand la sortie est possible
Consultation mémoire Diagnostic, suivi, annonce → souvent le premier maillon

Points de vigilance

Délirium superposé à la démence

Toute aggravation aiguë du comportement chez un patient dément = chercher une cause curable (infection, douleur, médicament, fécalome). Ce n'est pas une évolution normale de la maladie.

Risques liés à la déambulation

Fugues, chutes, mise en danger. Environnement sécurisé, balisage, pas de contention sans prescription médicale.

Les 3 choses à retenir

  1. MMSE < 24 = signal d'alarme → adresser en consultation mémoire sans tarder
  2. Valide, ne confronte pas → "Oui, votre mari va arriver" plutôt que "Non, votre mari est décédé il y a 10 ans". L'important c'est l'émotion, pas le fait
  3. L'aidant est aussi ton patient → son épuisement précède souvent une crise. Évalue-le à chaque passage et oriente vers le répit

Voir aussi

Outil pédagogique : UE 2.7 S4 JALAGUIER 2025-2026
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