Morphine
La morphine, c'est le grand patron de l'antidouleur → palier 3, réservée aux douleurs sévères. Stupéfiant avec traçabilité obligatoire. Son ennemi numéro un : la fréquence respiratoire. FR < 12 → tu arrêtes, tu appelles, tu sors la naloxone.
À quoi ça sert ?
Les douleurs intenses que le paracétamol ou l'ibuprofène ne peuvent pas soulager : post-opératoire sévère, douleur cancéreuse, polytraumatisme. Elle soulage aussi la dyspnée en soins palliatifs → elle réduit la sensation d'étouffement, une indication moins connue mais très précieuse.
Comment ça marche ? (simplifié)
La morphine imite les endorphines naturelles du corps en se fixant sur les récepteurs μ (mu) dans le cerveau et la moelle épinière. Elle bloque le signal douloureux avant qu'il atteigne la conscience. Effet secondaire quasi-inévitable : elle ralentit le transit intestinal → constipation quasi-universelle qu'il faut anticiper sans attendre que le patient se plaigne.
Ce qu'il ne faut PAS faire
Signes d'alerte : FR < 12/min, SpO₂ qui chute, patient très difficile à réveiller
→ ARRÊTER la morphine · Appeler le médecin en urgence · Préparer la naloxone (Narcan®)
Antidote : Naloxone 0,04 mg IV toutes les 2 min jusqu'à FR > 12/min → en pratique, c'est une urgence qui se gère à deux.
Morphine + Valium® ou Rivotril® → dépression respiratoire cumulée → monitorer SpO₂ en continu si association. C'est une combinaison courante en soins palliatifs → elle est possible, mais demande une surveillance rapprochée.
Ce que je fais en tant qu'IDE
Avant d'administrer :
Pendant et après :
Les 3 choses à retenir
- FR < 12 → on n'injecte pas → et l'antidote s'appelle Narcan® (naloxone)
- Constipation systématique → laxatif dès le premier jour, sans exception
- Stupéfiant → ordonnance sécurisée + traçabilité + émargement à chaque dose
Voir aussi
Paracétamol (palier 1) · Tramadol (palier 2) · [[Antalgiqu