Comparatif Corticoïdes

Pourquoi ce tableau ?

Les corticoïdes se différencient par leur puissance, leur durée d'action et leur voie d'administration. Savoir lequel est prescrit et pourquoi, c'est la base de la surveillance IDE.

Tableau des molécules principales

Molécule Équivalence anti-inflammatoire Activité minéralocorticoïde Durée d'action Voie principale
Hydrocortisone (Solucortef®) 1× (référence) +++ (forte) Courte (8-12h) IV, IM
Prednisone (Cortancyl®) + Intermédiaire (12-36h) PO
Prednisolone (Solupred®) + Intermédiaire (12-36h) PO, IV
Méthylprednisolone (Solumedrol®) 0 (nulle) Intermédiaire (12-36h) IV, IM, PO
Dexaméthasone (Dectancyl®, Soludecadron®) 25-40× 0 (nulle) Longue (36-72h) IV, IM, PO
Bécométasone / Budésonide / Fluticasone - (usage local) Négligeable - Inhalée, nasale
Triamcinolone 0 Longue (dépôt) IM profonde (déconseillé IV)

Voies d'administration : quand et comment ?

Par voie systémique (PO ou IV)

Par voie inhalée (asthme, BPCO)

Par voie locale (dermatologie, ORL)


Effets indésirables selon la durée

Effets indésirables des corticoïdes systémiques

Court terme (< 15 jours)

Long terme (> 3 mois)

Ne jamais arrêter brutalement une corticothérapie prolongée

Après plus de 3 semaines de corticothérapie systémique, l'axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien est freiné. L'arrêt brutal peut provoquer une insuffisance surrénalienne aiguë (hypotension, hypoglycémie, état de choc). Le sevrage doit être progressif selon les recommandations du médecin.


Cas particuliers IDE

Hydrocortisone IV en urgence

En cas de choc anaphylactique ou d'insuffisance surrénalienne aiguë, l'hydrocortisone est administrée en IV directe. Dose standard choc anaphylactique : 200 mg IVL (après adrénaline, pas à la place). Ne jamais utiliser comme antidouleur.

Dexaméthasone : pour l'œdème cérébral et la néonatologie

Molécule de choix pour l'œdème péri-tumoral cérébral (ne retient pas d'eau = pas d'aggravation de l'HTIC par rétention). Aussi utilisée pour l'accélération de maturation pulmonaire fœtale (24-34 SA) et la prévention des nausées en anesthésie.

Les 3 choses à retenir

  1. Glycémie capillaire sous corticoïdes → hyperglycémie même chez les non-diabétiques à fortes doses, surveiller
  2. Jamais d'arrêt brutal en chronique → risque d'insuffisance surrénalienne aiguë
  3. Rinçage buccal obligatoire après corticoïde inhalé → prévention candidose buccale

Voir aussi

Oméprazole · AINS · Asthme · Choc anaphylactique

Outil pédagogique : HAS, ANSM, CRAT
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