Lorazepam
La benzodiazépine de choix pour l'état de mal épileptique et la prémédication anesthésique → demi-vie intermédiaire, pas d'accumulation, pas de métabolite actif. Son fort effet amnésiant est un atout en prémédication (le patient ne se souviendra pas des gestes pré-opératoires) et un risque en anxiété chronique. Une interaction à ne jamais manquer : le délai d'une heure avec l'olanzapine IM.
À quoi ça sert ?
Tu rencontreras le lorazépam dans des situations très variées :
- État de mal épileptique : 1ère intention en IV (0,1 mg/kg, la dose à retenir)
- Anxiété sévère (court terme ≤ 4 semaines)
- Prémédication anesthésique : fort effet amnésiant → le patient ne se souviendra probablement pas de la préparation
- Agitation aiguë psychiatrique : voie IM fiable (contrairement au diazépam IM)
- Sevrage alcoolique
Comment ça marche ? (simplifié)
Même mécanisme que le diazépam : renforcement de l'inhibition GABA-A. Mais le lorazépam a trois avantages importants par rapport au diazépam :
- Demi-vie plus courte (10-20h) → moins de sédation résiduelle le lendemain
- Pas de métabolite actif : le foie l'élimine directement par glucuronoconjugaison → pas d'accumulation chez le sujet âgé ou l'insuffisant hépatique
- Absorption IM fiable : c'est un avantage majeur → le diazépam IM est mal absorbé et imprévisible ; le lorazépam IM, lui, passe correctement
Pense-y comme une version "plus propre" du diazépam → même efficacité antiépileptique, mais sans les métabolites qui traînent pendant des jours. C'est pour ça qu'il est préféré en état de mal et chez les patients fragiles.
Ce qu'il ne faut PAS faire
- Insuffisance respiratoire sévère non assistée : risque d'apnée
- Lorazépam IM + Olanzapine IM = dépression respiratoire grave → respecter un délai minimum d'1 heure entre les deux injections intramusculaires. Cette association est fréquente en psychiatrie pour l'agitation aiguë → c'est un piège qu'il faut connaître par cœur.
- Arrêt progressif obligatoire (sevrage BZD) → comme toutes les BZD
- Grossesse : éviter (fœtotoxique)
- Personnes âgées : demi-dose, surveiller les chutes
- SpO₂ et conscience lors de l'injection IV → en continu pendant et après l'injection
- Amnésie antérograde marquée : prévenir le patient avant la prémédication → "vous ne vous souviendrez probablement pas de cette période" → c'est important pour la relation de confiance
- Dépendance si traitement prolongé au long cours
Ce que je fais en tant qu'IDE
Les 3 choses à retenir
- "État de mal = 0,1 mg/kg IV" (4 mg chez l'adulte standard) en 2 minutes → 1ère intention, dose à avoir en tête
- "Avantage vs diazépam : pas de métabolite, IM fiable" → préféré chez le sujet âgé, l'insuffisant hépatique, et en IM pour l'agitation
- "Lorazépam IM + Olanzapine IM = 1h de délai minimum" → dépression respiratoire documentée si les deux sont injectés sans délai
Voir aussi
Diazépam · Flumazénil · Olanzapine (interaction IM)