Metoclopramide

En 2 mots

Antiémétique et procinétique efficace, mais avec une vraie limite : 5 jours maximum (ANSM 2013) car les effets extrapyramidaux peuvent devenir irréversibles. En pratique, deux CI absolues à retenir par cœur : obstruction digestive et maladie de Parkinson.


À quoi ça sert ?


Comment ça marche ? (simplifié)

Le métoclopramide a une double casquette :

  1. Au niveau du cerveau : bloque les récepteurs D2 dans la zone de déclenchement des vomissements (CTZ) → effet antiémétique
  2. Au niveau de l'intestin : stimule les récepteurs 5-HT4 → accélère la vidange gastrique et le transit

Le problème, c'est que les récepteurs D2 ne sont pas seulement dans la zone anti-nausées : ils sont aussi dans les circuits moteurs du cerveau (striatum). Résultat : risque de mouvements anormaux involontaires, surtout chez les jeunes.

C'est un peu comme si tu appuyais sur l'accélérateur de l'estomac, mais que le câble passait aussi par le centre de commande des mouvements → parfois ça dérape là où tu n'attendais pas.


Ce qu'il ne faut PAS faire

CI absolues : deux qu'il faut avoir en tête avant chaque administration

  • Obstruction intestinale mécanique : forcer la motilité sur un obstacle peut provoquer une perforation → c'est potentiellement fatal
  • Maladie de Parkinson : aggrave tous les symptômes (antagonisme D2, c'est exactement le même mécanisme que les neuroleptiques qui ont ruiné la qualité de vie de ces patients)
  • Nourrisson de moins de 1 an : risque de méthémoglobinémie
  • Antécédent de dyskinésie tardive sous neuroleptique

La règle des 5 jours : pas négociable

  • Durée max : 5 jours (recommandation ANSM 2013) → au-delà, le risque de dyskinésies tardives irréversibles devient réel
  • Chez les jeunes adultes et les enfants : dystonie aiguë possible dès les premières 24-48h
  • Ne jamais associer aux neuroleptiques (risque de SEP cumulatif)

Ce qui doit t'alerter en cours d'administration

  • Dystonie aiguë : torticolis, yeux qui "remontent" (crises oculogyres), trismus → arrêt immédiat + bipéridène (Akineton®) IM → c'est spectaculaire et effrayant pour le patient, mais ça cède rapidement avec l'antidote
  • Somnolence marquée → informer le patient qu'il ne doit pas conduire
  • Galactorrhée, aménorrhée, gynécomastie → hyperprolactinémie → signaler et arrêter


Ce que je fais en tant qu'IDE


Les 3 choses à retenir

  1. "5 jours max" → règle ANSM 2013 ; au-delà, les dyskinésies tardives peuvent devenir irréversibles et c'est une complication catastrophique
  2. "Dystonie = Akineton®" → torticolis ou yeux qui remontent → bipéridène IM sans attendre, ça passe vite
  3. "Parkinson + Obstruction = CI absolues" → ces deux-là, tu ne les oublies pas, c'est la base

Voir aussi

Ondansétron · Dompéridone (sans SEP central) · Lévodopa → antagonisme CI

Outil pédagogique : Toujours vérifier le RCP et les protocoles du service
← Accueil ↑ Haut de page