Droits patients loi 2002

En 2 mots

La loi du 4 mars 2002 relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé place le patient au centre du soin. Elle consacre des droits fondamentaux : être informé, consentir librement, accéder à son dossier. Pour l'IDE, ignorer ces droits expose à des poursuites civiles et pénales.

C'est quoi ?

La loi n° 2002-303 du 4 mars 2002 (dite loi Kouchner, du nom du ministre de la Santé Bernard Kouchner) est un texte fondateur du droit de la santé en France. Elle marque un tournant : le patient n'est plus un sujet passif du soin, mais un acteur de sa propre prise en charge.

Codifiée principalement aux articles L.1110-1 à L.1111-9 du Code de la santé publique (CSP), elle a été complétée par la loi Claeys-Leonetti du 2 février 2016 pour tout ce qui concerne la fin de vie et les directives anticipées.

Principes clés :


Ce que ça change pour l'IDE


Points de vigilance

Soin réalisé sans consentement = violence

Tout acte médical ou de soin pratiqué sans le consentement du patient constitue une atteinte à l'intégrité physique (art. 16-3 Code civil). L'IDE peut être poursuivi pénalement, même si l'acte était bénéfique pour le patient.

Droit à ne pas savoir

Le patient a le droit de ne pas être informé d'un diagnostic ou d'un pronostic (art. L.1111-2 CSP). Cette volonté doit être tracée dans le dossier. L'IDE ne peut pas forcer l'information, mais doit s'assurer que cette décision n'entrave pas un traitement nécessaire.

Personne de confiance ≠ décisionnaire

La personne de confiance est consultée si le patient est hors d'état de s'exprimer. Elle ne décide pas à la place du patient (sauf directives anticipées renforcées par la loi 2016). Ne pas la confondre avec le représentant légal ou le tuteur.


Focus : Accès au dossier médical

Délai depuis la dernière consultation/hospitalisation Délai de communication
Moins de 5 ans 8 jours
Plus de 5 ans 48 heures
Maximum absolu 60 jours

Le patient peut consulter sur place, obtenir des copies (à ses frais). Il peut désigner un médecin intermédiaire pour l'accompagner dans la lecture.


Focus : Directives anticipées

Renforcées par la loi Claeys-Leonetti (2 février 2016) :


Les 3 choses à retenir

  1. Information claire + consentement libre = prérequis à tout acte : sans ces deux éléments, le soin n'est pas légal, même s'il est bénéfique.
  2. Le refus de soins d'un patient conscient et compétent s'impose à l'IDE : informer le médecin, tracer le refus, ne jamais passer outre.
  3. Les directives anticipées sont contraignantes depuis 2016 : l'IDE doit les rechercher systématiquement en cas de patient hors d'état de s'exprimer.

Voir aussi

Outil pédagogique : Toujours se référer aux textes officiels et au règlement intérieur de l'établissement
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